Les Actualités du LGGE permettent de suivre les événements marquants de la vie du LGGE: missions, prix, conférences etc...
Les communiqués de presse issus de travaux scientifiques publiés dans des revues internationales apparaissent dans les Actualités scientifiques
ACTUALITES DU LGGE
Une photo d'un chercheur CNRS primée (octobre 2009)
Une photo de Bruno Jourdain, physicien adjoint au LGGE, a été primée lors du concours organisé par l'IPEV dans le cadre de l'Année Polaire Internationale.
3ème : Carottage à Concordia par Bruno Jourdain
« Philippe Possenti, technicien au LGGE n'en est plus à son premier forage à Concordia. En janvier 2009, un forage à 80 m a été réalisé afin d'effectuer des mesures de mercure gazeux dans l'air interstitiel du névé. Les carottes de névé n'étant quant à elles pas conservées... pourquoi ne pas jouer avec ? »
Toutes les autres photos sont disponibles sur le site de l'IPEV .
Une saison de forage record sur le site Groenlandais de NEEM (aout 2009)
La saison de forage sur le site de NEEM, situé sur la portion nord-ouest de la calotte de glace Groenlandaise vient de s'achever. Cette mission, deuxième du genre après l’installation du camp durant l’été 2008, se termine sur un énorme succès : elle a en effet permis, en seulement 110 jours effectifs passés sur le terrain, de forer à plus de 1750 mètres de profondeur dans le glacier, ce qui représente un nouveau record mondial en terme de rapidité de forage glaciologique.
Le projet NEEM, porté par les Danois de l’Université de Copenhague , constitue un ambitieux programme scientifique impliquant 14 nations dont la France. Son objectif scientifique essentiel, que l’on espère voir atteint durant les étés 2010 ou 2011, consiste à atteindre le socle rocheux sous le glacier, à environ 2545 m de profondeur, et à extraire de la dernière centaine de mètres de glace un enregistrement climatique fiable de la précédente période interglaciaire (appelé l'Eémien en Europe), datant entre moins 120.000 et moins 130.000 ans.
Selon les données parcellaires déjà disponibles en Arctique, cette période chaude était caractérisée par une température moyenne au Groenland environ 5°C supérieure à la température actuelle. Les données issues de cette période constitueront donc un indicateur essentiel de ce que pourrait être le climat de cette région du globe au cours des prochaines décennies à siècles, en fonction des rejets de gaz à effet de serre par les activités humaines. Surtout, elles permettront de mieux estimer l’étendue de la calotte de glace du Groenland à cette époque, et donc de mieux contraindre l’évolution future possible du niveau des mers. Rappelons que si la calotte groenlandaise venait à fondre, le niveau des mers augmenterait d’environ 7 mètres.
La profondeur de forage atteinte, 1757,84 m, constitue désormais le nouveau record mondial de forage en une seule saison d'une centaine de jours. Le précédent record était détenu par le projet NorthGRIP (1996-2004). Ce record est d'autant plus méritant qu'il a été obtenu en utilisant un tout nouveau fluide de forage développé par l'équipe du projet NEEM, sur des critères de respect optimal de l'environnement, et dont il s’agissait du premier essai « grandeur nature » sur le terrain.
Outre la reconstruction du climat grâce aux mesures des isotopes stables de l'eau, de nombreuses analyses sont prévues sur la glace issue du forage NEEM : les gaz à effet de serre emprisonnés dans les bulles d’air au sein de la glace, le contenu biologique (bactéries), la composition chimique ou encore la structure cristalline de la glace. Les laboratoires français LSCE et LGGE apportent leurs compétences sur une large gamme de ces mesures (isotopes, gaz à effet de serre, propriétés physiques,...). Le service technique du LGGE, composante « glaciologie » du nouveau Centre de Carottage et Forage National (C2FN) de l’INSU, a aussi largement contribué à la construction du carottier ayant produit ce nouveau record. Enfin, les Français ont été des acteurs majeurs sur le terrain, avec la participation de trois foreurs du LGGE , et de cinq scientifiques du LSCE et du LGGE durant cette campagne couronnée de succès.
Vue générale du camp temporaire de forage NEEM, au nord-ouest du Groenland. Le trou de forage se situe dans une tranchée sous la surface de neige, pour manipuler les carottes de glace à une température constante et voisine de moins 25°C. Crédit photo : Maurine Montagnat, CNRS/LGGE.
Outre le soutien technique dans le cadre de l’INSU/C2FN, le projet NEEM bénéficie en France du soutien de l’Agence Nationale de la Recherche ainsi que de l’Institut Polaire français Paul-Emile Victor.
Pour plus d'informations :
• la progression du forage au jour le jour sur le site du "journal de bord" de NEEM (en anglais)
• le site du projet français associé
Responsable du projet : Dorthe Dahl Jensen, Professeur au Niels Bohr Institute de l’Université de Copenhague
Pays impliqués: Danemark, USA, Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse, Suède, Islande, Canada, Japon, Corée du Sud, Chine
Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, appartenant à l’Institut Pierre Simon Laplace, unité mixte de recherche CEA-CNRS-Université de Versailles St Quentin. http://www.lsce.ipsl.fr/
Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement, unité mixte de recherche CNRS – Université Joseph Fourier – Grenoble I. http://www-lgge.obs.ujf-grenoble.fr/
Equipe des foreurs: Olivier Alemany (responsable des services techniques du LGGE et de la branche « glaciologie » du C2FN, Philippe Possenti et Romain Duphil
Scientifiques français sur le terrain: Cathy Pol et Emilie Capron (LSCE) ; Maurine Montagnat, Daphné Buiron et Julien Courteaud (LGGE)
Un nouveau livre "Creep and Fracture of ice" par Paul Duval (LGGE) et E. Schulson (Darmouth College, USA) (Mai 2009)
Creep and Fracture of Ice
Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Paris
This is the first complete account of the physics of the creep and fracture of ice,
and their interconnectivity. It investigates the deformation of low-pressure ice,
which is fundamental to glaciers, polar ice sheets and the uppermost region of
icy moons of the outer Solar System. The book discusses ice structure and its
defects, and describes the relationship between structure and mechanical
properties. It reviews observations and measurements, and then interprets them
in terms of physical mechanisms. The book provides a road-map to future studies
of ice mechanics, such as the behaviour of glaciers and ice sheets in relation to
climate change and the dating of deep ice cores. It also highlights how this
knowledge is transferable into an understanding of other crystalline materials.
Written by experts in the field, it is ideal for graduate students, engineers and
scientists in Earth and planetary science, and materials science.
Contents
Preface; 1. Introduction; 2. Structure of ice; 3. Microstructure of natural ice features; 4.
Physical properties: elasticity, diffusivity and friction; 5. Plastic deformation of the ice single
crystal; 6. Ductile behavior of polycrystalline ice: experimental data and physical processes;
7. Modelling the ductile behavior of isotropic and anisotropic polycrystalline ice; 8.
Rheology of high-pressure and planetary ices: fracture toughness of ice; 9. Brittle failure of
ice under tension; 10. Brittle compressive failure of unconfined ice; 11. Brittle compressive
failure of confined ice; 12. Ductile-to-brittle transition under compression; 13. Indentation
fracture and ice forces on structures; 15. Fracture of the ice cover on the Arctic Ocean;Index.
April 2009, 247 x 174 mm, 416pp, 145 tones, 189 figures
Hardback £52.00 (Discount price), £65.00 (Original price);
978-0-521-80620-6
Contact LGGE: Paul Duval
Tel : 04 76 82 42 52 Fax : 04 76 82 42 01
Claude Lorius, premier Français à recevoir le prix Blue Planet (Juin 2008)
Le "Prix Blue Planet 2008"(1), l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement, vient d'être attribué à deux chercheurs reconnus pour leur expertise dans ce domaine : le glaciologue Claude Lorius, directeur de recherche émérite CNRS(2), et le professeur brésilien José Goldemberg(3). Premier français lauréat de cette récompense, Claude Lorius est distingué pour avoir, grâce à ses travaux, contribué à faire prendre conscience de l'influence des activités humaines sur l'environnement. Cette distinction lui sera remise à Tokyo en novembre prochain.
"La planète devrait sensiblement se réchauffer au cours du XXIe siècle, au risque d'affecter les ressources en eau, l'agriculture, la santé, la biodiversité et, d'une façon générale, les conditions de vie des humains...", anticipe Claude Lorius au début des années 90. Réellement novateurs à l'époque, ces propos sont aujourd'hui couramment admis. De par ses recherches, ce médaillé d'or du CNRS a contribué à faire prendre conscience des risques que le réchauffement climatique fait courir à l'humanité et de l'impact des activités humaines sur l'environnement. "Le protéger est désormais un défi majeur et urgent", considère-t-il.
Véritable pionnier des forages glaciaires, Claude Lorius a acquis une renommée internationale en établissant, avec l'ensemble de son équipe, le lien entre teneur en gaz à effet de serre (méthane, dioxyde de carbone) et évolution climatique, grâce à l'étude des archives stockées dans les glaces de l'Antarctique. Cette découverte primordiale a permis de reconstruire le climat terrestre et la composition de l'atmosphère sur une période de 150 000 ans d'abord, puis de 420 000 ans (forage de Vostok de 1984 à 1991(4)). Claude Lorius fut également à l'initiative du forage européen EPICA mené à la station Concordia (Dôme C) : avec ce programme, les scientifiques disposent désormais de l'histoire des gaz à effet de serre sur 800 000 ans (communiqué de presse du 14-05-2008).
Claude Lorius, un aventurier des pôles
Né en 1932 à Besançon, Claude Lorius est depuis longtemps fasciné par l'Antarctique, sa "terre de prédilection". Ce directeur de recherche émérite CNRS au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement(5), qu'il a dirigé de 1983 à 1988, a participé à de nombreuses campagnes en Antarctique. En quarante ans de carrière, il est parti 22 fois en expéditions, totalisant plus de six ans passés sur ce continent. Parmi ses plus célèbres campagnes :
deux hivernages en Terre Adélie (station Charcot en 1957, lors de l'Année géophysique internationale, et base Dumont d'Urville),
de nombreux raids d'exploration ainsi que des campagnes de forages au coeur de l'inlandsis (Dôme Concordia et station Vostok).
Ces travaux de recherche lui ont valu la médaille d'or du CNRS en 2002 ainsi qu'une reconnaissance au niveau international concrétisée par de nombreuses récompenses et distinctions (la dernière étant la médaille décernée par le SCAR en 2008). Membre de l'Académie des sciences depuis 1994, il y préside le comité pour l'Année polaire internationale. Tout au long de sa carrière, Claude Lorius a exercé de nombreuses responsabilités sur le plan national (CNRS, ministère de l'Environnement, Expéditions polaires françaises, Institut français de recherche et technologie polaires...) et international (notamment au SCAR(6) qu'il présida de 1986 à 1990). Fortement impliqué dans la communication scientifique, il est auteur de plusieurs livres grand public dont les plus récents sont :
Planète blanche : les glaces, le climat et l'environnement, Jean Jouzel, Claude Lorius et Dominique Raynaud. Éditions Odile Jacob (2008) ;
Le grand défi des pôles, Bertrand Imbert et Claude Lorius. Éditions Découvertes Gallimard (2007).
Note(s)
C'est en 1992, année du sommet de la Terre à Rio de Janeiro que "l'Asahi Glass Foundation" a créé le prix "Blue Planet". Celui-ci récompense chaque année deux lauréats : des personnes ou des organisations à l'origine d'avancées scientifiques capitales en matière d'environnement. Il est doté d'un montant total de 50 millions de yen, soit environ 300 000 €.
Médaille d'or 2002 du CNRS conjointement avec Jean Jouzel, directeur de recherche au LSCE-IPSL (CEA/CNRS/UVSQ)
Actuellement secrétaire pour l'environnement de l'État de São Paulo au Brésil
Auquel participa notamment Jean-Robert Petit, directeur de recherche CNRS au LGGE
LGGE (CNRS/Université Joseph Fourier Grenoble 1), rattaché à l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble depuis 2002
Comité scientifique pour la recherche antarctique (SCAR)
Un nouveau livre: Planète blanche;
Les glaces, le climat et l’environnement par Jean Jouzel, Claude Lorius et Dominique Raynaud (mai 2008)
Alors que s’ouvre l’Année polaire internationale, ce livre est d’abord un passionnant voyage à travers ce qu’on peut appeler la « Planète blanche », du Groenland à l’Antarctique, en passant par les glaciers des pays tempérés. Il retrace les expéditions et les expériences qui ont permis de mieux comprendre le monde des glaces.
C’est surtout une pièce essentielle dans le débat autour du changement climatique. Quel climat demain ? Voici ce que nous disent les glaces.
Médaille d’or 2002 du CNRS, Jean Jouzel est directeur de l’Institut Pierre-Simon- Laplace, directeur de recherche au CEA et l’un des membres français du GIEC, qui a reçu le prix Nobel de la paix 2007.
Médaille d’or 2002 du CNRS, membre de l’Académie des sciences, Claude Lorius est directeur de recherche émérite du CNRS au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement qu’il a créé à Grenoble. Il a notamment publié Les Glaces de l’Antarctique.
Dominique Raynaud est directeur de recherche au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement de Grenoble et l’un des membres français du GIEC, qui a reçu le prix Nobel de la paix 2007.
ISBN 2-7381-1400-8, mai 2008, 155 x 240, 304 pages. (27 €)
Les chercheurs et doctorants du LGGE récompensés (Mai 2008)
Un Prix de Thèse de Grenoble INP a été décerné à Thiebauld Richeton pour l'année 2007 par le Collège des Masters et Etudes Doctorales.
La remise des Prix de Thèse aura lieu le
MERCREDI 21 MAI 2008 à 15h45 à l'ENSIEG - AMPHI A010
961 rue de la Houille Blanche - Domaine Universitaire Saint Martin d'Hères
Le sujet de la thèse était: "Dynamique et complexité de la déformation plastique : étude par émission acoustique" .
Le document est disponible sur la page des thèses. Contact LGGE: Jérôme Weiss
Tel : 04 76 82 42 71 Fax : 04 76 82 42 01
Dominique Raynaud a recu la médaille Hans Oeschger a l'EGU a
Vienne en Avril 2008. Dominique tient à remercier tous ceux qui ont participé à l'aventure du groupe gaz depuis les premiers travaux dans les années 80.
Voir le site de l'EGU Contact LGGE: Dominique Raynaud
Tel : 04 76 82 42 52 Fax : 04 76 82 42 01
Le 6 mai 2008, le programme POVA a reçu l'un des 15 prix du PREDIT
(pour la période 2002-2007), lauréat pour la catégorie « Impacts
énergétiques et environnementaux ».
Ce prix a été remis au cordinateur du programme, Jean-Luc Jaffrezo
(LGGE - Grenoble) lors du Carrefour du Predit (5-7 Mai 2008, Palais
des Congrès, Porte Maillot, Paris), par le Président du Predit,
Jean-Louis Leonard et par le Directeur de la division "air, bruit,
efficacité énergétique" de l'ADEME, Alain Morcheoine.
Contact LGGE: Jean-Luc Jaffrezo
Tel : 04 76 82 42 32 Fax : 04 76 82 42 01
Le projet européen EPICA de carottages glaciaires reçoit le Prix Descartes décerné par l'Union Européenne (mars 2008)
Le projet européen EPICA (European Project for Ice Coring in Antarctica), dans lequel plusieurs laboratoires français se sont fortement impliqués, est un des lauréats du prestigieux Prix Descartes (1) pour la recherche 2007. Ce projet est récompensé pour avoir permis de remonter l'histoire du climat de l'Antarctique jusqu'à 800 000 ans, grâce aux enregistrements climatiques exceptionnels réalisés à partir de deux carottages opérés sur ce continent, et de fournir ainsi des informations d’une importance extrême pour la compréhension du changement climatique en cours. Le Prix Descartes est décerné ce jour, 12 mars 2008, à Bruxelles par l'Union Européenne.
Les résultats du projet EPICA reposent sur les travaux et sur l’expertise, dans le domaine de l'exploitation des archives glaciaires et de la glaciologie, de scientifiques issus de dix nations.
Deux carottages ont été réalisés sur deux sites très reculés et diamétralement opposés de l'Antarctique de l'Est, où la calotte glaciaire est épaisse de plus de 3000 mètres : au Dôme C (75°06'S, 123°24'E) et dans la région de Dronning Maud Land (75°00'S, 0°01'E). Les opérations de forage ont pris plusieurs années et ont été conduites dans des conditions climatiques extrêmes, avec une température moyenne annuelle de -54,5 °C au Dôme C et de -44,6°C à Dronning Maud Land. Les carottes et échantillons de glace ont ensuite été rapatriés et analysés dans différents laboratoires européens.
Ces carottages ont donné accès à l’évolution au cours du temps de divers paramètres : la température, l'accumulation de neige, la composition des aérosols atmosphériques, la concentration de l'atmosphère en gaz à effet de serre, l'activité solaire et l'intensité du champ magnétique, ainsi que le flux de matériaux d'origine extra-terrestre. Le carottage réalisé au Dôme C a permis de reconstruire, sur plus de 800 000 ans, soit le double de la période couverte par les précédents enregistrements, les variations de la température et de la composition de l’atmosphère en gaz à effet de serre en Antarctique. Celui pratiqué dans la région de Dronning Maud Land a permis en outre d'étudier de façon extrêmement détaillée le couplage entre les climats des hémisphères Sud et Nord.
Selon Hubertus Fischer, glaciologue allemand qui a coordonné le dossier de candidature du projet EPICA au prix Descartes, « seule une collaboration étroite entre toutes les équipes européennes impliquées a rendu possible le succès de ce projet, très ambitieux sur les plans aussi bien logistique et technologique que scientifique ». Et d'ajouter que « EPICA a offert une possibilité unique à des jeunes chercheurs et à des doctorants de réaliser des travaux de haut niveau avec des collègues européens, puis de se lancer dans une carrière de recherche ».
Depuis le premier carottage de 905 mètres, réalisé au Dôme C au cours de l'été austral 1977-1978 par une équipe grenobloise dirigée par Claude Lorius, la France est très fortement impliquée dans les forages profonds réalisés en Antarctique de l'Est. Elle le doit au soutien logistique de tout premier plan assuré jusqu'au début des années 1990 par les expéditions polaires françaises (EPF) et depuis lors par l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV). Avec l'ENEA, son homologue italien, l’IPEV a assuré le soutien logistique très lourd de l'opération de forage du Dôme C, site où a été construite la station permanente franco-italienne Concordia. L'équipe technique du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE) a joué un rôle essentiel dans
le développement et la mise en œuvre du carottier utilisé lors des deux forages et des appareils de mesures géophysiques.
Sur le plan scientifique, les équipes françaises ont largement participé, en collaboration avec leurs collègues européens, à l’analyse de ces deux carottages. Cet effort a été coordonné par le LGGE qui est intervenu dans l'analyse des traces gazeuses et chimiques, l'étude des propriétés mécaniques et physiques de la glace et la modélisation des calottes. Le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) a été impliqué dans la reconstruction des paramètres climatiques, essentiellement à partir de l'analyse isotopique de la glace et des bulles d'air qu'elle contient, tandis que le Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM) s’est consacré à la mesure du beryllium-10, isotope rare qui permet de retracer l'évolution de l'activité solaire et du champ magnétique terrestre à ces époques reculées.
Ces trois laboratoires (LGGE, LSCE et CSNSM) et l'IPEV ont ainsi été des acteurs majeurs de la réussite de ce projet européen.
Le projet EPICA
Organisé sous forme de consortium, le projet EPICA a été conduit par 12 partenaires issus de 10 pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Italie, Norvège, Pays-bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse). Placé sous l'égide de la Fondation Européenne pour la Science (ESF), il a été financé par les pays participant au forage et par l'Union Européenne. En France, il a été et est soutenu par différents programmes de l'INSU et de l'IPEV, par le CEA-DSM, par les prix Balzan et Louis-D, et par un projet ANR.
Jean Jouzel (LSCE/IPSL) a assuré la responsabilité du projet de 1995 à 2001. Dominique Raynaud (LGGE) est depuis 2005 le coordinateur du projet européen qui contribue actuellement au financement.
(1) D'un montant total de 1,36 millions d’euros, le prix de Descartes pour la recherche est attribué chaque année à des projets, au maximum quatre, ayant conduit dans le cadre d’une collaboration européenne à des résultats scientifiques ou technologiques exceptionnels dans tous les domaines des sciences naturelles ou des sciences humaine.
Le projet TALDICE en Antarctique : 1620 mètres de profondeur à TALOS
DOME
Concluant quatre saisons de forage, une équipe de 10
personnes a atteint le 23 décembre 2007 la profondeur de 1619,20 mètres à
l’intérieur de la calotte de glace antarctique, au site de Talos Dome,
dans la Terre Northern Victoria située près de la mer de Ross. Le forage s'est terminé près du fond au delà des prévisions (on attendait 1550 m d'épaisseur de glace), dans une glace apparemment très vieille.
Se
déroulant dans le cadre de la 23ème expédition italienne en Antarctique,
ce forage implique sur le terrain des techniciens, ingénieurs et
scientifiques de France, Italie et Angleterre, avec un soutien financier
supplémentaire provenant de l’Allemagne et de la Suisse.
Talos Dome est l’un des points de départ de l’écoulement de la calotte
de glace antarctique vers la côte. Situé à 2316 m d’altitude, la température
moyenne annuelle du site est de -41°C et il tombe en moyenne 8 cm d’équivalent
en eau par an. Le projet de forage TALDICE représente l’un des maillons
importants du programme international de collaboration en science des
carottes de glace (International Partnership in Ice Core Sciences),
programme établi pour l’Année Polaire Internationale 2007-09. Dans ce
cadre, un réseau de nouveaux forages sur des sites côtiers de
l’Antarctique a été mis en place par l’ensemble des 18 nations
impliquées dans ce domaine des géosciences.
Situé en bordure de la mer de Ross, le forage TALDICE devrait aider à
résoudre l’une des énigmes de la dynamique du climat durant la dernière
transition glaciaire-interglaciaire. Alors que les enregistrements
climatiques obtenus sur le plateau antarctique (par exemple à Dome C,
Vostok ou Dronning Maud Land) montrent une bascule climatique entre les
deux hémisphères (l'Antarctique montre une stabilisation voire une
baisse des températures quand le Groenland subit un réchauffement très
brutal et intense), l’enregistrement obtenu par les Américains au site
de Taylor Dome, près du plate-forme de glace flottante de Ross, suggère
au contraire une tendance climatique similaire entre cette région
côtière antarctique et le Groenland.
Fort d’une datation de très bonne qualité fournie par les nombreuses
couches de cendres volcaniques rencontrées dans la carotte de Talos Dome
(pas moins de 15 couches, dont certaines très denses, ont déjà été
observées dans la carotte forée cette année), celle-ci devrait permettre
de trancher sur la réalité de ce singularisme du secteur de la mer de
Ross. La dernière transition glaciaire-interglaciaire à Talos Dome est
enregistrée entre 700 et 1000 mètres de profondeur.
Les carottes de glace ainsi forées seront rapatriées en Europe au
printemps prochain, puis analysées dans les différents laboratoires des
cinq nations impliquées dans le projet. Moins de dix forages
glaciologiques en Antarctique ont déjà dépassé la profondeur de 1000
mètres.
En France, les laboratoires impliqués dans l’étude de la carotte de
glace de Talos Dome sont le Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de
l’Environnement (LGGE, CNRS et Université Joseph Fourier de Grenoble),
le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE, CEA,
CNRS et Université de Versailles St Quentin) et le Centre Européen de
Recherche et d’Enseignement en Géosciences de l’Environnement (CEREGE,
CNRS et Université d’Aix-Marseille). Le forage utilise un carottier
spécialement développé au LGGE de Grenoble par son équipe technique,
produisant des carottes de 2 mètres de longueur et 10 cm de diamètre.
Trois membres du LGGE ont pris part à l’expédition cette année.
Le projet est soutenu en France par le programme national INSU LEFE-EVE et par l'Institut Polaire IPEV
Des chercheur du LGGE ont participé à l'écriture d'ouvrages récemment parus:
- Les glaciers à l'épreuve du climat , par B. Francou et C. Vincent. C. Vincent est Ingénieur de recherche au LGGE, co-responsable de l'observatoire Glacioclim sur les glaciers et le climat.
- Le grand défi des pôles , par B. Imbert et C. Lorius. C. Lorius est Directeur de Recherche émérite au LGGE, membre de l'Académie des Sciences, président du Comité de l'Académie pour l'Année Polaire Internationale.
- Le méthane et le destin de la Terre , par G. Lambert, J. Chappellaz, Foucher et G. Ramstein. J. Chappellaz est Directeur de Recherche au CNRS, directeur-adjoint du LGGE, spécialiste du cycle du méthane actuel et passé.
Notons aussi l'ouvrage récent ("Les expéditions polaires") réalisé avec des enfants par nos collègues V. Masson-Delmotte du LSCE à Saclay et G. Jugie, directeur de l'Institut Polaire (IPEV) à Brest.
Valérie Masson-Delmotte avait déjà publié, en 2005 avec B. Dubrulle, un ouvrage pour enfants: "Le climat: de nos ancêtres à vos enfants"
Une Sélection d'ouvrages et d'articles pour tout public est disponible sur le site du LGGE.
Décès du Pr. Louis Lliboutry (20 octobre 2007)
Le Professeur Louis Lliboutry est décédé samedi 20 octobre 2007 à l'âge de 85 ans.
Fondateur du Laboratoire de Glaciologie dont il fut le directeur pendant 25 années, initiateur de cette discipline en France, son empreinte scientifique au niveau national et international a été remarquable. Théoricien de haut niveau il a néanmoins participé à plusieurs expéditions et n'a jamais négligé l'importance de l'expérimental. Il a rédigé de nombreux articles et écrit plusieurs ouvrages dont un Traité de Glaciologie. Il a également joué un rôle important dans le domaine de l'enseignement et a beaucoup oeuvré pour le développement de la géophysique à Grenoble.
Le LGGE adresse ses condoléances les plus sincères à toute sa famille.
La Caravane des Sciences au LGGE (Juin 2007)
La Caravane des Sciences, fruit de la collaboration étroite entre l’ Association des Petits Débrouillards et l’association Rasselbande d’Allemagne, fait étape à Grenoble mercredi 20 juin. Accueilli au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE CNRS/Université Joseph Fourier), le public, et particulièrement le jeune public, est invité à découvrir les expériences ludiques proposées par la Caravane des Sciences ainsi que les équipements du laboratoire.
PROGRAMME de la JOURNEE :
9h30-13h30 : visites du LGGE réservées aux MJC sur inscription auprès des Petits Débrouillards
10h : début des animations Caravane des Sciences et des partenaires
14h00-14h30 : inauguration officielle
14h30 : Discussion autour des aventures polaires avec Claude Lorius et les scientifiques du LGGE avec les jeunes.
14h30-18h : animations Petits Débrouillards, Caravane des Sciences et partenaires.
Carottage de glace sur le San Valentin, point culminant de la Patagonie (Chili, 47°S, 3800 m) (Mai 2007)
Fin mars 2006 : après 3 jours passés au sommet du San Valentin dans des conditions météorologiques épouvantables (vent à plus de 150 km/h, neige, tentes ensevelies), l'équipe scientifique est contrainte d'abandonner le carottage de glace et sauve de justesse le matériel… Gros échec mais l'expérience acquise pousse l'équipe à reconduire l'opération en 2007, grâce au soutien financier de l'ANR Sanvallor.
Avril-mai 2007 : après 2 semaines d'attente d'une fenêtre météo favorable, les 6 scientifiques franco-chiliens sont de nouveau sur le site de carottage, à 3800 m d'altitude. 2 semaines de travail intense dans des conditions extrêmes (vents fréquents à plus de 100 km/h, températures jusqu'à -25°C, travail sous tente dans des conditions de confort très réduites) permettent d'extraire une carotte de glace jusqu'au socle rocheux (121 m), deux autres carottes de 72 et 58 m, et 6 carottes courtes de 20 m. Une topographie du socle rocheux par radar ainsi que des mesures de l'écoulement sont obtenues en parallèle. L'ensemble du matériel, de la glace, et de l'équipe est évacué par hélicoptère le 3 mai dernier à la faveur d'une éclaircie entre deux tempêtes. Une dernière carotte de 10 m est extraite sur un autre grand sommet, le San Lorenzo, à 3400 m. Grande réussite pour cette opération qui associe l'Unité Great Ice de l'IRD, le LGGE, le LSCE, le LMTG ainsi qu'un partenaire chilien le CECS.
Contacts : Patrick Wagnon : patrick@lgge.obs.ujf-grenoble.fr Communiqué de l'IRD (Institut pour la Recherche et le Développement.
MISSION EN ARCTIQUE sur l'étude de la contamination par le mercure des écosystèmes arctiques (Mai 2007)
Depuis le 15 avril et pendant deux mois, le programme de recherche CHIMERPOL II financé par l'IPEV est déployé en Arctique pour la 5e année. Une équipe composée de 4 scientifiques (Xavier Faïn, Raphaelle Hennebelle, Catherine Larose, et Aurélien Dommergue) du LGGE étudie les effets de la pollution par le mercure à Ny-Ålesund sur l'île norvégienne du Spitzberg à quelques 1300 km du pôle nord.
Les régions polaires, pourtant éloignées des activités industrielles, ne sont pas à l'abri d'une contamination par le mercure : ce polluant émis par les combustions est en effet transporté sous forme gazeuse jusque sous ces latitudes. Au printemps, des phénomènes uniques de réactivité dans l'atmosphère déposent abondamment du mercure sur les manteaux neigeux. Et c'est une menace pour les êtres vivants : il est toxique et s'accumule dans la chaîne alimentaire. Les animaux de fin de chaîne comme les mammifères (phoques, ours polaires par exemple) présentent alors des niveaux élevés de mercure et sans cesse croissants depuis que l'Homme introduit en quantités importantes ce polluant dans son environnement.
L'équipe du LGGE veut répondre à la question suivante : comment le mercure contenu dans l'atmosphère est amené à pénétrer dans la chaîne alimentaire ? Grâce à de multiples expériences près du fjord et sur les glaciers proches, ils examinent donc le comportement du mercure dans l'atmosphère, la neige et son transfert vers des microorganismes polaires tels que les bactéries. Une attention toute particulière est portée à la fonte du manteau neigeux car c'est le moment privilégié de rencontre entre le mercure déposé et ces premiers êtres de la chaîne alimentaire, les bactéries.
Les premiers résultats montrent déjà l'existence de dépôts de mercure sans précédent avec des concentrations dans la neige 20 fois supérieures à ce qui est habituellement mesuré. Contacts :Chistophe Ferrari et
Aurélien Dommergue
ANNEE POLAIRE INTERNATIONALE 2007-2008
INTERNATIONAL POLAR YEAR 2007-2008
Forte mobilisation en France et dans le monde entier pour ce grand événement dont l'inauguration officielle a eu lieu le 1er mars 2007 à Paris. En savoir plus
Claude Boutron reçoit la médaille Alfred Wegener de l'EGU (Octobre 2006)
L'EGU (European Geosciences Union) a décidé d'attribuer à C. Boutron la médaille Alfred Wegener ainsi que le titre de Membre Honoraire de l'EGU pour ses recherches originales sur les métaux lourds à partir des carottes de glace. Ce prix vient récompenser de longues années de travail de C. Boutron et de ses collègues ainsi que des ingénieurs et techniciens du LGGE pour obtenir, analyser et interpréter les archives provenant des grands forages glaciaires.
Claude Boutron est Professeur à l'Université Joseph Fourier et a été membre de l'IUF pendant 10 ans. Le prix lui sera remis à Vienne en Avril 2007 lors de l'Assemblée Générale de l'EGU.
Contact: Claude Boutron (boutron@lgge.obs.ujf-grenoble.fr; Tel. 04 76 82 42 37).
Claude Boutron reçoit le prix "Felice Ippolito Prize for Antarctic research" (Juin 2006)
L'Académie des Sciences Italiennes et le Programme National Italien de Recherche en Antarctique ont décidé d'attribuer à C. Boutron le prix international "Felice Ippolito Prize for Antarctic research" pour ses recherches originales sur les métaux lourds à partir des carottes de glace prélevées en Antarctique. Ce prix vient récompenser de longues années de travail de C. Boutron et de ses collègues ainsi que des ingénieurs et techniciens du LGGE pour obtenir, analyser et interpréter les archives glaciaires provenant des grands forages en Antarctique.
Claude Boutron est Professeur à l'Université Joseph Fourier et a été membre de l'IUF pendant 10 ans. Le prix lui sera remis à Rome en Octobre par le Président de la République Italienne.
Contact: Claude Boutron (boutron@lgge.obs.ujf-grenoble.fr; Tel. 04 76 82 42 37).
L'ANTARCTIQUE AU SENAT (Juillet 2006)
Une étude est en cours à l' Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques sur:
"La place de la France dans les enjeux internationaux de la recherche en milieu polaire : le cas de l'Antarctique"
Le rapporteur en est Christian Gaudin, sénateur. Mr. Gaudin est allé sur le terrain en Antarctique lors de la saison 2005-2006, il a créé un blog qui permet d'être informé sur la progression de son travail et de donner son avis. Dans ce cadre Mr Gaudin est venu au LGGE le 21 juin 2006.
ATELIER SUR LES LACS SOUS-GLACIAIRES (24-26 avril 2006)
La communauté internationale s'intéresse aux lacs sous-glaciaires en Antarctique et plus particulièrement à celui de Vostok. Un des intérêts est l'étude de la vie en conditions extrèmes.
Dans le cadre d'un programme d'étude des lacs pendant l'année Polaire Internationale, un atelier va se dérouler à Grenoble du 24 au 26 avril: (Cliquez ici) Contact au LGGE: Jean-Robert Petit
"La vie secrète du lac sous-glaciaire de Vostok" (Article et Figures ) par Jean-Robert Petit, Michel Blot et Sergei Bulat.
Article publié dans le Rapport d'Activité 2002/2003 de l'IPEV.(Fichiers pdf)
Voir le Communiqué de presse
Prix Matériaux à Juliette Chevy en thèse au LGGE (Mai 2006)
La section sud-est de la SF2M (Société Française Mécanique et Matériaux) offre annuellement des PRIX Materiaux (500 € et l'adhesion d'une annee à la SF2M), destines aux étudiants en Master Recherche.
A la reunion du 10 fevrier 2006, le bureau de la section sud-est a decide d'attribuer un Prix à Juliette CHEVY, en thèse au LGGE.
Son sujet de thèse est:
"Mecanismes de deformation de la glace monocristalline en torsion: approche experimentale et modelisation"
Ces prix seront solennellement remis aux laureats a l’occasion du colloque co-organise par la SF2M, le 30 mai 2006 a St-Etienne
Contact au LGGE: Juliette Chevy (chevy@lgge.obs.ujf-grenoble.fr). En savoir plus
RAPPORT D'ACTIVITE 2002-2005 DU LGGE
Le rapport d'activité du LGGE couvrant la période janvier 2002 - juin 2005 est en ligne (Cliquez ici) Ce rapport permet d'avoir une vue exhaustive des recherches menées récemment au laboratoire.
CLIMAT : le changement lu dans la glace (novembre 2005)
Article paru dans l'édition du Monde du 26.11.05 :
Les scientifiques du projet Epica ont décrypté, sur 650 000 ans, les archives du climat terrestre que sont les carottes glaciaires prélevées dans l'Antarctique. En analysant les bulles d'air prisonnières de la glace, ils ont confirmé que, sur une très courte période géologique, l'homme a modifié radicalement la composition de l'atmosphère. Au cours des centaines de millénaires précédents, les taux de gaz à effet de serre que sont le dioxyde de carbone et le méthane étaient bien plus bas et bien plus stables. Ces observations ont été publiées dans la revue Science du vendredi 25 novembre.
Voir le Communiqué de presse
Pour retrouver les actualités passées, vous pouvez consulter les
archives